C’est à l’âge de 12 ans, en 1979, que Gaël a décidé d’apprendre à jouer de la guitare, après avoir essayé de retrouver un air connu sur celle d’un moniteur de colonie de vacances. S’étant, tout d’abord « fait la main » sur une guitare classique toute simple, il a ensuite préféré le jeu et la sonorité des guitares « folk » à cordes en acier.
Il a commencé par apprendre les accords de base, qu’il grattait sur sa guitare, inlassablement, pendant des heures. Puis, il a très rapidement créé ses propres arpèges.
Et là c’était tout d’un coup beaucoup mieux.
À cette époque, tout son temps libre était dédié à l’apprentissage de la guitare. Au moment où sa pratique a stagné, son jeu s’est à nouveau développé lorsqu’il a rencontré un professeur qui lui a donné envie d’apprendre le « Ragtime ». C’était le seul cours de musique qu’il a eu dans sa vie, le seul morceau qu’il a appris et qui n’était pas de lui. Cette rencontre a marqué un tournant décisif dans l’évolution de sa technique de jeu et de son style. Bien entendu, il a aussi été fortement influencé par toutes les musiques qui l’ont accompagné depuis son adolescence ; la musique Classique, l’Opéra, la Bossa Nova, le Rock, la New-Wave, Le Zouc, les différentes formes de Jazz, le Blues, la musique de Variété, la Fusion etc… Toutes ces couleurs ont trouvé leur place sur sa palette musicale et se sont chacune diluées dans son jeu avec plus ou moins d’intensité.
La maîtrise d’un instrument de musique s’inscrit dans la durée et demande beaucoup de temps et Gaël était très souvent frustré ne réussissant pas à jouer la musique qu’il imaginait. Cependant, si il a persévéré, c’est seulement grâce à l’intensité de ce qu’il ressentait lorsqu’il y parvenait.
Dans ces moments-là, indescriptibles, il nous confie : « je me sentais immédiatement ailleurs, hors de l’espace et hors du temps, ne percevant plus que ma musique et rien d’autre, absorbé tout entier, par cette pulsion créatrice, ne faisant alors plus qu’un avec mon instrument. Ne pensant à rien d’autre, l’oreille collé sur l’éclisse de la guitare, fasciné, je me trouvais alors prisonnier d’un éternel présent sans autre volonté que de sentir et penser en musique, librement. »
C’est précisément, après avoir vécu cette sensation, véritable révélation, que sa guitare est devenue une compagnie essentielle dans sa vie.
Depuis lors, Gaël a toujours écouté sa voix intérieure, celle qui l’invite à créer son propre univers, jouant ce qui l’enchante, en fonction de ses ressentis, ses émotions développant sa technique au gré des besoins dictés par son inspiration du moment. Autrement dit, « laissant toujours s’exprimer, ce quelque chose en moi, qui a quelque chose à dire ».
De cette façon, année après année, à force d’exploration et de tâtonnement, il a donc donné naissance, aux sons, aux accords, aux mélodies et aux harmonies qui habitent chacun de ses dialogues, chacune de ses histoires.
Il nous confie : « Aujourd’hui, avec le recul des années, je m’aperçois que toutes ces compositions, sont finalement comme des parties de moi, des « morceaux » de moi. Ce sont les reflets fidèles de mes affects, confidences intimes, que ma guitare, mon miroir, dévoile. Véritables cartographies, elles sont toutes réunies dans un atlas qui s’enrichit régulièrement et que je conserve délicatement, précieusement ».
Arrivé à un moment charnière de son existence, lorsqu’il a fallu faire un choix d’orientation professionnelle, n’ayant pas trouvé les étaies nécessaires pour développer sa pratique musicale et envisager de faire carrière dans la musique, il a donc décidé de poursuivre ou du moins de reprendre ses études, là où, à cause de l’apprentissage intensif de la guitare, Gaël les avais négligemment laissées.
À la suite de quoi, devenu ingénieur et il a fait carrière dans l’industrie.
Les différentes fonctions qu’il a occupées lui ont donné l’opportunité de voyager à travers le monde et d’être en contact étroit avec des personnes de différentes cultures et aspirations qui l’ont profondément enrichi. Je les en remercie. « Quelle chance j’ai eu de les rencontrer » nous dit-il.
Malgré tous ces voyages, Gaël a toujours conservé auprès de lui sa précieuse guitare et lorsqu’il en avais le besoin impérieux, il redonnait vie à ses dialogues ou en composais de nouveaux. Cependant, sa pratique était alors moins soutenue et fréquente qu’à l’époque de son adolescence, évidement.
Le temps a donc passé. La vie a fait son œuvre. Près de 40 ans se sont écoulés.
C’est donc finalement en 2019, encouragé par ses proches ainsi que par toutes celles et tous ceux dont il a croisé la route durant toutes ces années, qu’il s’est décidé à partager son univers.
Cet univers musical qu’il a continué à enrichir, au fil des années…
… années durant lesquelles, il n’a cessé de dialoguer passionnément et tendrement, avec cette fidèle compagne… qu’est sa Guitare.